13 Jun 2018

Abilio Diniz, un séducteur à la conquête de Carrefour

Abilio Diniz, un séducteur à la conquête de Carrefour

Abilio Diniz (lefigaro.fr/societes/2015/09/24/20005-20150924artfig00397-abilio-diniz-un-seducteur-a-la-conquete-de-carrefour.php) désire poursuivre ses études en économie en Amérique du Nord. Au milieu des années 1950, le jeune homme entre à l’école de management de la Fondation Getùlio Vargas à São Paulo ; il en ressort diplômé. En 1929, la famille d’Abilio Diniz émigre du Portugal au Brésil.

Abilio Diniz détient du pouvoir au Brésil

Abilio Diniz est l’un des personnages les plus fascinants de son pays. Le chef d'entreprise s'est avéré être un ami de l’ex chef d'Etat du sous-continent brésilien, Lula. D'après "Forbes", la richesse de l'entrepreneur est estimée à près de 4 milliards de dollars et fait de lui le 10e homme le plus fortuné du sous-continent brésilien. En 2011, Abilio Diniz joint la Chambre de Politique et de Performance et gestion, qui a comme objectifs de rendre concurrentielles les sociétés du sous-continent brésilien et d’améliorer l’efficacité des prestations publiques.

Le retour dans le milieu de la distribution

Abilio Diniz s'occupe de Brasil Foods et recherche de nouveaux investissements depuis son retrait du groupe Pão de Açúcar. En décembre 2014, Peninsula, une société d'investissement créée par la famille Diniz, rend publique l'acquisition de 10% du capital de la branche brésilienne de Carrefour. Au printemps 2013, il prend la tête du conseil d’administration du géant de l’agroalimentaire Brasil Foods (BRF). Mi-2015, Péninsula porte sa participation à 12% du capital de la branche brésilienne de Carrefour. Depuis, Abilio Diniz détient, via Peninsula, 2 sièges au conseil d’administration.

De la petite boulangerie au groupe GPA

Dès la fin des années cinquante, le père d’Abilio Diniz comprend que le commerce trouvera son avenir avec les grandes surfaces. Son père a ouvert sa toute première boulangerie sur un boulevard fréquenté de la ville de Sao Paulo. La boutique familiale se nomme Pão de Açúcar, tenant évidemment son patronyme du Pain de Sucre à Rio. Une dizaine d’années après l'ouverture par Abilio Diniz de son 1er libre-service à la toute fin des années cinquante, GPA totalisait mille quatre cents collaborateurs répartis dans 40 magasins.

Abilio Diniz vend des actions pour un milliard de dollars à Casino, tout en s'engageant à laisser la tête du groupe Pão de Açúcar sept ans plus tard au directeur de général de Casino. L'opposition du patron du groupe Casino et l’abandon de la Banque Brésilienne de Développement entrainent l'échec du regroupement de GPA avec Carrefour Brésil. Casino a le contrôle Grupo Pão de Açúcar en 2012. Le divorce est consommé et Abilio Diniz quitte la présidence du conseil d'administration en 2013. GPA atteint sa stabilité financière après la crise économique et commence à discuter de partenariat avec Casino. Il fait en effet face à la concurrence du groupe Carrefour en terre brésilienne.

Des événements difficiles qui modèlent le caractère du chef d'entreprise

Abilio Diniz est membre du Conseil Monétaire National à la fin de la décennie 80, en pleine période d'inflation incontrôlée. Il ouvre GPA aux investisseurs en 1995. Il déclenche alors une phase d’acquisitions qui fera du groupe le chef de file de la distribution dans le pays. Le plan de sauvegarde drastique élaboré par le patron permet de sauver le groupe Pão de Açúcar, qui licencie 20 000 employés, ferme un tiers de ses grandes surfaces et cède les activités qu'il possède au Portugal. Durant de la présidentielle de 1989, Abilio Diniz est kidnappé. Délivré au bout de 7 jours, l’homme sera marqué à jamais par cette expérience.